À propos

 « Toute image est une particularité qui se crispe, par peur de la finitude ». Yves Bonnefoy

 

« …après avoir conduit depuis 20 ans, dans une veine documentaire, un travail personnel sur les paysages (ponctué de nombreuses commandes publiques), Alain Guillard réoriente depuis 3 ans sa démarche photographique.

Si les paysages sont toujours présents, ils sont cependant beaucoup moins nombreux, et de nature assez différente. Moins ancrés dans une description topographique, ils présentent un caractère plus énigmatique, propice à des interprétations fictionnelles et narratives.

Cette invitation au récit se retrouve d’ailleurs, de manière encore plus affirmée dans les « Carnets », sorte de petites séries photographiques évoquant des moments d’intimité autobiographique.

La nouveauté du travail d’Alain Guillard, on la trouve dans la réalisation d’un ensemble de « natures mortes » mettant en scène des objets plus ou moins reconnaissables, devenus sujets d’une exploration sur les empreintes du temps… »

C.V. Décembre 2016

 

 

Le temps, comme chacun sait, est au cœur de l’objet et du sujet photographique.

La relation si singulière entre l’espace et le temps dans la représentation photographique du réel guide mon travail depuis quelques années.

Une représentation d’un réel sans véritable  nature, ni de sens particulier. Un réel trouble et incertain, elliptique, ouvert aux récits, aux narrations.

L’incomparable qualité d’immobilité de la photographie ouvre un champ d’interprétations sans limite, où le réel et ses illusions se confondent.

Ce que j’appelle  les réalités élémentaires , ce sont des séries d’objets, de « choses », à qui sont attribués des rôles. Mis en scène dans un environnement neutre, sans affects, leur  » présence  » incongrue entretient un rapport nostalgique au temps.

 Les réalités circonstancielles  sont au contraire inscrites dans des situations repérables, un contexte dans lequel  l’intime colore la lecture du récit.

 

a.g . Aout 2016